Sosthène Yaméogo, ancien enseignant et chef d’orchestre de 62 ans à l’université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou, arrêté à son domicile le 31 janvier 2026 par des hommes armés.
Selon certaines informations, les hommes auraient forcé l’entrée de son domicile vers 6 heures du matin et l’auraient emmené sous les yeux de sa famille. Au moment où nous écrivons ces lignes, les autorités n’ont publié aucune déclaration officielle concernant les raisons de son arrestation ou son lieu de détention.
Avant son arrestation, M. Yaméogo, figure éminente de la scène culturelle burkinabè, avait publiquement exprimé ses inquiétudes quant à sa situation administrative. Il avait déclaré ne pas avoir reçu sa pension depuis plus de deux ans, malgré des recours administratifs et judiciaires infructueux.
Frustré, Yaméogo a critiqué les autorités sur les réseaux sociaux, exprimant son mécontentement et dénonçant les défaillances de l’administration publique burkinabè. Dans une autre vidéo, il a précisé qu’il n’appartenait à aucun parti politique ni mouvement d’opposition et a déclaré qu’il s’exprimait uniquement à titre individuel, de manière non partisane, pour défendre ses droits.
Au Burkina Faso, des cas de personnes arrêtées ou emmenées par les forces de sécurité sans que leur statut soit immédiatement clarifié ont déjà été signalés. Depuis la prise de pouvoir par l’armée le 30 septembre 2022, des groupes de la société civile ont fait part de leurs inquiétudes concernant des cas d’activistes et de journalistes qui ont été enrôlés de force après leur disparition.
La Fondation des médias pour l’Afrique de l’Ouest (MFWA) rappelle que l’article 3 de la Constitution du Burkina Faso stipule que nul ne peut être privé de sa liberté, saufpour des faits prévus et punis par la loi. L’article 4 garantit le droit à un procès équitable et à une représentation juridique, tandis que l’article 6 protège l’inviolabilité du domicile, sauf dans les formes et dans les cas prévus par la loi.
La MFWA appelle les autorités burkinabè à clarifier sans délai le fondement juridique de l’arrestation de Sosthène Yaméogo, à divulguer son lieu de détention et à veiller à ce que ses droits fondamentaux soient pleinement respectés, notamment son droit à l’assistance d’un avocat et à un procès équitable.
