Au Bénin, Cosme Hounsa, journaliste et rédacteur en chef du journal La Boussole, a été arrêté dans la soirée du 15 juillet 2025 par des agents du Centre national d’investigations numériques (CNIN) pour des faits présumés de « harcèlement par voie électronique ».
Son arrestation fait suite à une plainte déposée par Rachidi Gbadamassi, ministre conseiller à la Défense et à la Sécurité. Celle-ci est liée à une affaire judiciaire opposant Paulin Akponna, actuel ministre de l’Énergie, de l’Eau et des Mines, à son prédécesseur Samou Séidou Adambi.
Lors d’un meeting politique tenu à Parakou le 21 juin 2025, Akponna avait publiquement accusé Adambi de détournement de fonds publics au sein du ministère. En réaction, ce dernier a porté plainte pour diffamation.
La Boussole a publié une série d’articles relatifs à cette affaire, ce qui aurait déplu à Rachidi Gbadamassi. Celui-ci estime que les publications du journal laissaient entendre qu’il avait encouragé le ministre Akponna à s’exprimer publiquement contre Adambi.
Cosme Hounsa a été interpellé à Parakou, dans le nord du Bénin, le 15 juillet. Après avoir été placé en garde à vue au commissariat central de la ville, il a été transféré le 16 juillet à Cotonou devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), pour répondre à l’accusation de « harcèlement par voie électronique ».
Le 17 juillet, il a toutefois été remis en liberté sous contrôle judiciaire, avec obligation de se présenter à toute convocation des autorités judiciaires. Il est convoqué de nouveau devant le juge le 24 juillet 2025.
Le lendemain de sa libération, soit le 18 juillet, le journal La Boussole a publié des excuses publiques sur Facebook en ces termes :
« La rédaction de La Boussole, consciente de ses responsabilités, tient à présenter à Monsieur Gbadamassi ses excuses les plus sincères, avec tout le respect dû à sa personne et à son parcours. Par ce communiqué officiel, nous reconnaissons que certaines formulations ont pu être perçues comme attentatoires à l’image ou à l’honneur de Monsieur Gbadamassi. »
La Fondation des Médias pour l’Afrique de l’Ouest (MFWA) salue la libération de Cosme Hounsa, tout en appelant à l’abandon des poursuites engagées contre lui. L’organisation invite les autorités béninoises à privilégier le droit de réponse ou à saisir l’organe de régulation des médias en cas de manquements supposés, plutôt que d’initier des poursuites pénales. Elle appelle également les professionnels des médias à faire preuve de professionnalisme en toutes circonstances.
