Jean-François Kouassi, également connu sous le nom de JFK, leader de la jeunesse en Côte d’Ivoire, a été condamné à une courte peine de prison après avoir critiqué publiquement des irrégularités alléguées dans le recrutement au sein de la fonction publique.
Cette affaire est liée à des commentaires publiés par M. Kouassi sur sa page Facebook le 8 janvier 2026. Dans ce message, il affirmait que l’accès aux concours de la fonction publique était influencé par la corruption, le népotisme et l’affiliation politique. Il affirmait que de nombreux jeunes se sentaient obligés d’adhérer au parti au pouvoir, le RHDP, afin d’améliorer leurs chances d’être recrutés, qualifiant cette situation de « scandale d’État ».
Il appelait également à un examen minutieux du processus de recrutement supervisé par l’ancienne ministre de la Fonction publique, Anne Désirée Ouloto, aujourd’hui députée. Plus tard dans la journée, Kouassi a annoncé qu’il avait été arrêté.
Selon les informations disponibles, il a été appréhendé pendant ou peu après un sit-in organisé devant le ministère de la Fonction publique au Plateau, à Abidjan, où lui et d’autres personnes manifestaient contre des irrégularités présumées, notamment des allégations concernant le recrutement de 400 agents des douanes sans concours public.
Il a d’abord été placé en garde à vue avant d’être présenté au parquet le 12 janvier 2026 et placé en détention provisoire. Le parquet l’a inculpé pour trouble à l’ordre public, diffamation, diffusion de fausses informations en ligne et dénonciation calomnieuse. Au cours du procès, l’accusation a fait valoir que ses actions risquaient de porter atteinte à l’ordre public et de nuire à la réputation des personnes impliquées dans le processus de recrutement.
Le lundi 26 janvier 2026, le tribunal de grande instance d’Abidjan a condamné Kouassi, président du Mouvement des jeunes de Côte d’Ivoire (MJCI), à 15 jours d’emprisonnement ferme, huit mois d’emprisonnement avec sursis et une amende de 500 000 francs CFA (environ 830 dollars américains). Ayant déjà passé plus de 15 jours en détention, il a été libéré le 27 janvier 2026.
Les avocats de Kouassi ont fait valoir qu’il s’exprimait en tant que citoyen pour dénoncer les obstacles auxquels sont confrontés les jeunes pour accéder à un emploi dans la fonction publique. Ils ont déclaré que son intention était d’alerter les autorités sur des injustices perçues plutôt que d’inciter à des troubles, et ont annoncé leur intention de faire appel de la décision du tribunal. Cette condamnation s’inscrit dans un contexte de surveillance accrue des critiques publiques et de l’activisme civique en Côte d’Ivoire.
La Fondation des médias pour l’Afrique de l’Ouest (MFWA) exhorte les autorités ivoiriennes à respecter le droit des citoyens d’exprimer leurs opinions sur la gouvernance et l’administration publique. Lorsque les autorités estiment que de telles affirmations sont inexactes ou trompeuses, il existe des moyens appropriés non coercitifs pour clarifier les faits et rétablir la vérité. Le recours à l’arrestation et aux poursuites pénales pour expression pacifique risque de restreindre l’espace civique. La MFWA demande en outre que la condamnation de Jean-François Kouassi soit réexaminée et annulée.
