{"id":24961,"date":"2022-03-28T18:11:52","date_gmt":"2022-03-28T18:11:52","guid":{"rendered":"https:\/\/www.mfwa.org\/?p=24961"},"modified":"2022-04-20T17:54:16","modified_gmt":"2022-04-20T17:54:16","slug":"la-cour-de-justice-de-la-cedeao-ordonne-au-nigeria-de-conformer-sa-loi-sur-la-cybercriminalite-a-ses-obligations-internationales","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mfwa.org\/fr\/la-cour-de-justice-de-la-cedeao-ordonne-au-nigeria-de-conformer-sa-loi-sur-la-cybercriminalite-a-ses-obligations-internationales\/","title":{"rendered":"La Cour de Justice de la Cedeao Ordonne au Nigeria de Conformer Sa Loi Sur La Cybercriminalite a ses Obligations Internationales."},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">La Cour de justice de la CEDEAO a ordonn\u00e9 au Nig\u00e9ria de modifier une partie de sa loi portant sur la cybercriminalit\u00e9 pour la rendre conforme \u00e0 certaines lois internationales que le pays a ratifi\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 25 mars, la Cour r\u00e9gionale de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest a rendu son arr\u00eat stipulant que la loi nig\u00e9riane portant sur la cybercriminalit\u00e9 devait \u00eatre conforme \u00e0 la Charte africaine des droits de l\u2019hommes et des peuples (CADHP) et au Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le juge Keikura Bangura, qui a \u00e9t\u00e9 charg\u00e9 de lire la d\u00e9cision de la Cour, a d\u00e9clar\u00e9 que la section 24 de la loi relative \u00e0 la cybercriminalit\u00e9 portant entre autres sur l\u2019interdiction et la pr\u00e9vention, n\u2019est pas en accord avec l\u2019article 9 de la CADHP et l\u2019article 19 du PIDCP.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019arr\u00eat de la Cour fait suite \u00e0 une plainte d\u00e9pos\u00e9e par l\u2019organisation non gouvernementale Socio-Economic Rights and Accountability Project (SERAP).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans son proc\u00e8s, SERAP a avanc\u00e9 que la section 24 \u00e9tait formul\u00e9e de mani\u00e8re vague, ambigu\u00eb et ill\u00e9gale. L\u2019ONG a d\u00e9clar\u00e9 que l\u2019interpr\u00e9tation et l\u2019utilisation r\u00e9pressive de cette section par l\u2019Etat portait atteinte aux droits \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019expression, \u00e0 l\u2019information et autres droits des d\u00e9fenseurs des droits de l\u2019homme, des militants, des blogueurs, des journalistes, des t\u00e9l\u00e9diffuseurs et des utilisateurs de m\u00e9dias sociaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle a particuli\u00e8rement mis en avant le fait que le gouvernement nig\u00e9rian ainsi que ses agents, ont fait usage des dispositions pr\u00e9vues par cette loi pour harceler, intimider, arr\u00eater et d\u00e9tenir arbitrairement et poursuivre injustement en justice, des d\u00e9fenseurs des droits de l\u2019homme, des militants, des journalistes, des t\u00e9l\u00e9diffuseurs, des blogueurs, et des utilisateurs de m\u00e9dias sociaux qui expriment des opinions consid\u00e9r\u00e9es comme critiques \u00e0 l\u2019\u00e9gard du gouvernement, tant au niveau f\u00e9d\u00e9ral qu\u2019au niveau de l\u2019\u00c9tat.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans sa plainte, la SERAP a \u00e9galement cit\u00e9 12 cas de victimes pr\u00e9sum\u00e9es de harc\u00e8lement, d\u2019intimidation, d\u2019arrestation, de d\u00e9tention ill\u00e9gale, de poursuite et d\u2019emprisonnement de journalistes et de t\u00e9l\u00e9diffuseurs. Parmi les victimes figurent \u00e9galement des d\u00e9fenseurs et militants des droits de l\u2019hommes, des blogueurs et des utilisateurs de m\u00e9dias sociaux. Selon le proc\u00e8s, ces victimes avaient \u00e9t\u00e9 maltrait\u00e9es par le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral nig\u00e9rian et ses agents ainsi que par plusieurs \u00c9tats du Nig\u00e9ria entre ao\u00fbt 2015 et novembre 2018, pour un pr\u00e9tendu cyberharc\u00e8lement. La SERAP a par cons\u00e9quent enjoint la Cour \u00e0 faire des d\u00e9clarations et \u00e0 \u00e9mettre des ordonnances qui mettront en \u00e9vidence l\u2019incompatibilit\u00e9 de la loi avec les dispositions pr\u00e9vues par la CADHP et le PIDCP.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans sa d\u00e9fense, le gouvernement nig\u00e9rian a d\u00e9clar\u00e9 que la loi n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 promulgu\u00e9e dans le but de r\u00e9primer la libert\u00e9 d\u2019expression au Nig\u00e9ria mais plut\u00f4t dans le but de mettre un frein aux activit\u00e9s des criminels sur Internet. Il a par cons\u00e9quent, enjoint la Cour \u00e0 rejeter la plainte en faisant valoir qu\u2019elle \u00e9tait d\u00e9plac\u00e9e et non fond\u00e9e et que les r\u00e9parations demand\u00e9es par la SERAP ne pouvaient \u00eatre accord\u00e9es en vertu de la loi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019\u00c9tat a en outre indiqu\u00e9 qu\u2019il y avait une requ\u00eate sur la m\u00eame affaire devant son tribunal national demandant les m\u00eames r\u00e9parations et a ajout\u00e9 que l\u2019interpr\u00e9tation de la section 24 de la loi doit \u00eatre soumise aux tribunaux nationaux et non \u00e0 la Cour de justice la CEDEAO car cela ne r\u00e9v\u00e8le pas de sa juridiction.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le gouvernement nig\u00e9rian a soutenu que la loi portant sur la cybercriminalit\u00e9 \u00e9tait conforme \u00e0 la section 45 de la constitution de 1999 du Nig\u00e9ria et qu\u2019elle avait \u00e9t\u00e9 soumise aux processus constitutionnels et juridiques requis. Il a ajout\u00e9 que la SERAP \u00e9tait au courant du processus menant \u00e0 l\u2019adoption de la loi mais n\u2019a pas protest\u00e9 contre l\u2019adoption.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans son arr\u00eat, la Cour a r\u00e9pondu \u00e0 l\u2019argument de la d\u00e9fense du Nig\u00e9ria selon lequel l\u2019interpr\u00e9tation de la section 25 ne relevait pas de sa juridiction. La Cour a d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019elle avait dans une multitude de jugements, confirm\u00e9 que la simple all\u00e9gation de violation des droits de l\u2019homme \u00e9tait suffisante pour invoquer son mandat en mati\u00e8re de droits de l\u2019homme conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 9 (4) du Protocole additionnel. Elle a d\u00e9clar\u00e9 que cela \u00e9tait possible du moment que deux conditions d\u2019acc\u00e8s \u00e0 la Cour \u00e9taient remplies, \u00e0 savoir que la requ\u00eate n\u2019\u00e9tait pas anonyme et que l\u2019affaire n\u2019\u00e9tait pas pr\u00e9sent\u00e9e devant une autre juridiction internationale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La Cour a rejet\u00e9 la demande de la SERAP concernant les 12 cas de victimes pr\u00e9sum\u00e9es de harc\u00e8lement, d\u2019intimidation, d\u2019arrestation, de d\u00e9tention ill\u00e9gale et de poursuites judiciaires et a d\u00e9clar\u00e9 que l\u2019organisation n\u2019avait pas fourni de preuves des abus subis par les personnes list\u00e9es. La Cour a \u00e9galement rejet\u00e9 la demande de d\u2019indemnisation de la SERAP et a condamn\u00e9 les deux parties \u00e0 supporter leurs frais.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La MFWA se r\u00e9jouit de l\u2019arr\u00eat de la Cour et enjoint le gouvernement nig\u00e9rian \u00e0 prendre des mesures imm\u00e9diates pour modifier la loi de 2005 portant sur la cybercriminalit\u00e9, afin qu\u2019elle soit conforme aux dispositions pr\u00e9vues par la CADHP et le PIDCP dans le but de garantir la protection et la jouissance des droits \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019expression sur Internet.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Cour de justice de la CEDEAO a ordonn\u00e9 au Nig\u00e9ria de modifier une partie de sa loi<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":24849,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[231],"tags":[],"country":[250],"staff-position":[],"opportunity-category":[],"ppma_author":[515],"class_list":["post-24961","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-digital-rights-fr","country-nigeria-fr"],"authors":[{"term_id":515,"user_id":6,"is_guest":0,"slug":"kwaku","display_name":"Kwaku Asante","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/f4b2f4008b9a29d4584bcac804b285ce2bebcee8b616a60be83b4a9ded8963b7?s=96&d=mm&r=g","0":null,"1":"","2":"","3":"","4":"","5":"","6":"","7":"","8":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mfwa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24961","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mfwa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mfwa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mfwa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mfwa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=24961"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/mfwa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24961\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":24962,"href":"https:\/\/mfwa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24961\/revisions\/24962"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mfwa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/24849"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mfwa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=24961"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mfwa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=24961"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mfwa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=24961"},{"taxonomy":"country","embeddable":true,"href":"https:\/\/mfwa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/country?post=24961"},{"taxonomy":"staff-position","embeddable":true,"href":"https:\/\/mfwa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/staff-position?post=24961"},{"taxonomy":"opportunity-category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mfwa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/opportunity-category?post=24961"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/mfwa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=24961"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}