{"id":7555,"date":"2016-07-14T09:24:55","date_gmt":"2016-07-14T09:24:55","guid":{"rendered":"http:\/\/www.mfwa.org\/?post_type=country-highlights&#038;p=7555"},"modified":"2016-07-14T15:04:10","modified_gmt":"2016-07-14T15:04:10","slug":"la-societe-civile-assiege-au-niger","status":"publish","type":"country-highlights","link":"https:\/\/mfwa.org\/fr\/country-highlights\/la-societe-civile-assiege-au-niger\/","title":{"rendered":"La Soci\u00e9t\u00e9 Civile Assi\u00e9g\u00e9e au Niger"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Au cours de la derni\u00e8re ann\u00e9e, les acteurs de la soci\u00e9t\u00e9 civile au Niger \u00a0sont assi\u00e9g\u00e9s par les acteurs \u00e9tatiques dans une r\u00e9pression qui s\u2019est sold\u00e9e par une interdiction, une condamnation, des interpellations et d\u00e9tention dont six incidents affectant cinq personnes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La toute derni\u00e8re victime est Abdoul Moumouni Ousmane, le Pr\u00e9sident du groupe Cadre d\u2019Action pour la D\u00e9mocratie et les Droits Humains. Le 23 juin, 2016, la Court de Grande Instance de Niamey l\u2019a condamn\u00e9 \u00e0 six mois de prison avec sursis et une amende de 50,000 Francs CFA (environ 85 $) pour avoir critiqu\u00e9, via Facebook, \u00a0la r\u00e9action du gouvernement face \u00e0 l\u2019insurrection de Boko Haram. Ousmane a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 le 14 juin, et d\u00e9tenu dans la Maison d\u2019arr\u00eat de Niamey pendant cinq jours, mais n\u2019a \u00e9t\u00e9 inculp\u00e9 que le 19 juin. Le 23 juin, il a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 pour avoir propos\u00e9 \u00ab\u00a0un complot en vue d\u2019un changement constitutionnel.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La condamnation de Ousmane intervenait deux jours seulement apr\u00e8s l\u2019interdiction par le gouvernement de Nathalie Pr\u00e9vost, la correspondante de la chaine fran\u00e7aise TV5, de couvrir l\u2019actualit\u00e9 nig\u00e9rienne. Pr\u00e9vost, qui est d\u2019ailleurs formatrice volontaire et travailleuse sociale, a \u00e9t\u00e9 interdite le 21 juin apr\u00e8s la publication d\u2019un article qu\u2019elle a \u00e9crit dans lequel elle a \u00e9voqu\u00e9 \u00ab\u00a0la faiblesse de l\u2019arm\u00e9e face \u00e0 Boko Haram\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 1er juin, (c\u2019est \u00e0 dire trois semaines avant l\u2019interdiction de Pr\u00e9vost), la police avait interpell\u00e9 Siradji Issa, \u00a0critique avou\u00e9 du gouvernement et pr\u00e9sident de la soci\u00e9t\u00e9\u00a0 civile, Mouvement des Jeunes pour l\u2019Emergence du Niger (MOJEN).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La police d\u00e9clarait avoir saisi aux mains d\u2019un individu des tracts visant \u00e0 d\u00e9stabiliser le r\u00e9gime et que ce dernier avait cit\u00e9 le MOJEN comme la source du document. Cependant, ils ont rel\u00e2ch\u00e9 Issa apr\u00e8s trois jours en d\u00e9tention sans retenir des charges contre lui.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les trois\u00a0 actes d\u2019intimidation \u00e0 l\u2019encontre des acteurs de la soci\u00e9t\u00e9 civile en juin 2016 ont \u00e9clips\u00e9 une r\u00e9pression similaire intervenue en l\u2019espace de deux mois en 2015 (18 mai-9 juillet).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 18 mai, 2015, Moussa Tchangari, le Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral de la soci\u00e9t\u00e9 civile Alternative Espaces Citoyens,\u00a0 a \u00e9t\u00e9 d\u00e9tenu pendant trois semaines sans inculpation formelle et cela, pour avoir critiqu\u00e9 le gouvernement par rapport \u00e0 sa gestion des besoins humanitaires de la population de la r\u00e9gion de Diffa d\u00e9plac\u00e9e\u00a0 par la guerre contre Boko Haram. L\u2019activiste avait tenu ces propos dans une interview accord\u00e9e \u00e0 la Radio France Internationale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aucune charge n\u2019a \u00e9t\u00e9 retenue contre Tchangari. Cependant, dans une interview avec le journal fran\u00e7ais <em>Le Monde<\/em>,\u00a0 le Ministre de l\u2019Int\u00e9rieur, Massaoudou Hassoumi<em>,<\/em> avait accus\u00e9 l\u2019activiste\u00a0 de\u00a0complicit\u00e9 dans les activit\u00e9s terroristes de Boko Haram.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A peine une semaine apr\u00e8s les troubles de Tchangari, un autre activiste, Nouhou Arzika, a \u00e9t\u00e9 interpell\u00e9 \u00e0 son domicile le 24 Mai 2015 par les policiers en civil et d\u00e9tenu pour 22 heures. La police l\u2019a interrog\u00e9 sur des pr\u00e9tendues conversations t\u00e9l\u00e9phoniques entre lui et les soldats nig\u00e9riens sur les champs de bataille \u00e0 Diffa, l\u2019\u00e9picentre de l\u2019insurrection de Boko Haram. Il \u00e9tait accus\u00e9 \u00ab\u00a0d\u2019avoir port\u00e9 atteinte \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 nationale\u00a0\u00bb, \u00a0mais il \u00a0n\u2019\u00e9tait pas\u00a0 formellement inculp\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019arrestation d\u2019Arzika, qui est le pr\u00e9sident du Mouvement Populaire pour une Citoyennet\u00e9 Responsable (MPCR), \u00e9tait aussi en relation avec une interview qu\u2019il a accord\u00e9e \u00e0 une chaine de t\u00e9l\u00e9vision priv\u00e9e Liptako T\u00e9l\u00e9vision, interview \u00a0dans laquelle il aurait condamn\u00e9 les \u2018\u2019conditions mis\u00e9rables\u2019\u2019 des soldats nig\u00e9riens dans la zone du combat de Diffa.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 9 Juliet 2015, la police judiciaire a arr\u00eat\u00e9 Siradji Issa et l\u2019a d\u00e9tenu jusqu\u2019au lendemain. L\u2019arrestation faisait suite \u00e0 une plainte en diffamation port\u00e9e par le Ministre de la Jeunesse et des Sports, Abdoulkarim Dan Mallam, qui a \u00e9t\u00e9 accus\u00e9 par le MOJEN d\u2019avoir e mal g\u00e9r\u00e9 une r\u00e9volte des joueurs concernant des primes destin\u00e9es aux membres de l\u2019\u00e9quipe nationale de football.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019arrestation d\u2019Issa a compl\u00e9t\u00e9 les attaques sur la libert\u00e9 d\u2019expression au sein de \u00a0la soci\u00e9t\u00e9 civile au Niger en l\u2019espace de deux mois.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les violations ci-dessus sont en contradiction flagrante avec les engagements du Niger en vertu de la constitution nationale, les conventions, trait\u00e9s et chartes r\u00e9gionaux et internationaux donc il est signataire en mati\u00e8re de la promotion de la libert\u00e9 d\u2019expression et les droits humains g\u00e9n\u00e9ralement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Force est de noter\u00a0 que sur les cinq interpellations, une seule a abouti \u00e0 une inculpation formelle et, par la suite, un proc\u00e8s, ce qui d\u00e9montre qu\u2019il n\u2019y a souvent pas de motifs valables pour les interpellations en premier lieu. Il est \u00e9vident que les autorit\u00e9s utilisent la situation d\u2019urgence dans le pays pour harceler et les activistes de la soci\u00e9t\u00e9 civile et pour censurer la libre expression.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans une lettre ouverte adress\u00e9e au Pr\u00e9sident Mahamadou Issoufou suite \u00e0 sa r\u00e9\u00e9lection en f\u00e9vrier 2016, la MFWA avait mis en \u00e9vidence la pi\u00e8tre \u00e9valuation que re\u00e7oit constamment le Niger dans les Rapports de Monitoring sur les Doits de la Libert\u00e9 d\u2019expression en Afrique de l\u2019Ouest qui sont \u00e9mis par l\u2019organisation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A la lumi\u00e8re de la pers\u00e9cution des activistes de la societ\u00e9 civile au cours du dernier mois seulement, on pourra dire que tr\u00e8s peu d\u2019effort a \u00e9t\u00e9 consenti \u00e0 la promotion de la libert\u00e9 d\u2019expression au Niger. La MFWA exhorte donc une fois encore le Pr\u00e9sident Issoufou \u00e0 reconnaitre le r\u00f4le important de la soci\u00e9t\u00e9 civile et, par cons\u00e9quent, \u00e0 prendre des mesures pour prot\u00e9ger les acteurs de la soci\u00e9t\u00e9 civile contre les harc\u00e8lements et les intimidations, particuli\u00e8rement de la part des acteurs \u00e9tatiques.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":7553,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","categories":[254],"country":[249],"class_list":["post-7555","country-highlights","type-country-highlights","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","category-free-expression-violations-fr","country-niger-fr"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mfwa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/country-highlights\/7555","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mfwa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/country-highlights"}],"about":[{"href":"https:\/\/mfwa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/country-highlights"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mfwa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mfwa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7555"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mfwa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7553"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mfwa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7555"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mfwa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7555"},{"taxonomy":"country","embeddable":true,"href":"https:\/\/mfwa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/country?post=7555"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}