{"id":30215,"date":"2024-04-24T11:39:40","date_gmt":"2024-04-24T11:39:40","guid":{"rendered":"https:\/\/www.mfwa.org\/?post_type=country-highlights&#038;p=30215"},"modified":"2024-05-23T11:05:43","modified_gmt":"2024-05-23T11:05:43","slug":"mali-non-respect-du-calendrier-de-transition-et-intensification-de-la-repression-contre-les-medias-et-la-societe-civil","status":"publish","type":"country-highlights","link":"https:\/\/mfwa.org\/fr\/country-highlights\/mali-non-respect-du-calendrier-de-transition-et-intensification-de-la-repression-contre-les-medias-et-la-societe-civil\/","title":{"rendered":"Mali : non-respect du calendrier de transition et intensification de la r\u00e9pression contre les m\u00e9dias et la soci\u00e9t\u00e9 civil"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Le mandat du gouvernement de transition au Mali devait prendre fin le 26 mars 2024. Cependant, cette date butoir cruciale pour le r\u00e9tablissement de l\u2019ordre constitutionnel a \u00e9t\u00e9 n\u00e9glig\u00e9e, laissant le gouvernement militaire issu du coup d\u2019\u00c9tat d\u2019ao\u00fbt 2020 toujours en place.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Non seulement le gouvernement a ignor\u00e9 son calendrier de transition et ses engagements \u00e0 restaurer la d\u00e9mocratie avant le 6 mars 2024, mais il a \u00e9galement adopt\u00e9 plusieurs mesures antid\u00e9mocratiques ces derniers mois, sugg\u00e9rant une tentative de renforcer son emprise sur le pouvoir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Dissolution des associations<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis d\u00e9cembre 2023, au moins quatre organisations ont \u00e9t\u00e9 <a href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/afrique\/20231221-mali-les-autorit%C3%A9s-de-transition-dissolvent-l-observatoire-pour-les-%C3%A9lections-et-la-bonne-gouvernance\">dissoutes<\/a>, dont la fa\u00eeti\u00e8re des syndicats d\u2019\u00e9tudiants du pays, la Coordination des mouvements, associations et sympathisants d\u2019imam Mahmoud Dicko (CMAS), et l\u2019Observatoire pour les \u00e9lections et la bonne gouvernance au Mali.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 20 d\u00e9cembre 2023, le gouvernement de transition a dissous l\u2019Observatoire pour les \u00e9lections et la bonne gouvernance, accusant le groupe de la soci\u00e9t\u00e9 civile de ne pas avoir d\u00e9clar\u00e9 ses sources de financement aux autorit\u00e9s, comme l\u2019exige la loi. De plus, le gouvernement a accus\u00e9 le pr\u00e9sident du groupe de faire des d\u00e9clarations susceptibles de troubler l\u2019ordre public, notamment ses pr\u00e9dictions sur les chiffres de participation au r\u00e9f\u00e9rendum propos\u00e9 en juin 2023.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0<em>Le pr\u00e9sident de cette association s\u2019adonne \u00e0 des d\u00e9clarations de nature \u00e0 troubler l\u2019ordre public, y compris ses pronostics sur le\u00a0taux de participation au\u00a0r\u00e9f\u00e9rendum de juin 2023\u00a0<\/em>\u00bb, le gouvernement a d\u00e9clar\u00e9 dans un communiqu\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En l\u2019espace de deux semaines, le r\u00e9gime militaire a dissous trois autres organisations. Le 28 f\u00e9vrier, il a commenc\u00e9 par <a href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/afrique\/20240302-mali-nouvelle-dissolution-d-une-association-critique-du-r%C3%A9gime-de-transition\">dissoudre<\/a> l\u2019organisation politique Kaoural Renouveau, invoquant des propos diffamatoires et subversifs \u00e0 l\u2019encontre de la junte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une semaine plus tard, le 6 mars, la junte a <a href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/afrique\/20240308-mali-la-cmas-de-l-imam-dicko-conteste-sa-dissolution-par-les-autorit%C3%A9s-de-transition\">dissous<\/a> la Coordination des Mouvements, Associations et Sympathisants de l\u2019Imam Mahmoud Dicko, une coalition d\u2019organisations soutenant le religieux musulman charismatique Imam Dicko. Ce dernier a \u00e9branl\u00e9 les fondations du dernier gouvernement civil en mobilisant le public pour une s\u00e9rie de manifestations qui ont abouti \u00e0 la prise du pouvoir par l\u2019arm\u00e9e. R\u00e9cemment, il a ouvertement appel\u00e9 au d\u00e9part des militaires en faveur d\u2019une administration civile, ce qui a attir\u00e9 les foudres de la junte. Les autorit\u00e9s ont d\u00e9clar\u00e9 que les activit\u00e9s du groupe soutenant l\u2019imam constituaient une menace pour la s\u00e9curit\u00e9 publique, les accusant de chercher \u00e0 d\u00e9stabiliser le gouvernement. Elles ont cit\u00e9 les \u00ab\u00a0rencontres officielles\u00a0\u00bb de l\u2019imam Dicko avec des \u00ab\u00a0autorit\u00e9s \u00e9trang\u00e8res\u00a0\u00bb, faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 son s\u00e9jour en Alg\u00e9rie depuis janvier 2024.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 13 mars 2024, une semaine exactement apr\u00e8s la derni\u00e8re gr\u00e8ve, le Conseil des ministres a <a href=\"https:\/\/www.dw.com\/fr\/mali-principale-association-%C3%A9tudiante-dissoute\/a-68568169\">dissous<\/a> l\u2019Association des \u00e9l\u00e8ves et \u00e9tudiants du Mali (AEEM), une importante organisation d\u2019\u00e9l\u00e8ves et d\u2019\u00e9tudiants. Le gouvernement a accus\u00e9 l\u2019AEEM de provoquer des perturbations de cours, des assassinats, des meurtres et des destructions de biens publics et priv\u00e9s par le biais de manifestations. Cette accusation fait suite \u00e0 des affrontements entre diff\u00e9rentes factions de l\u2019organisation \u00e9tudiante le 28 f\u00e9vrier, qui, selon le gouvernement, ont entra\u00een\u00e9 la mort d\u2019un jeune \u00e9tudiant et bless\u00e9 plusieurs autres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019accusation d\u00e9coule des affrontements entre diff\u00e9rentes factions de l\u2019organisation \u00e9tudiante le 28 f\u00e9vrier, ayant entra\u00een\u00e9 selon le gouvernement la mort d\u2019un jeune \u00e9tudiant et bless\u00e9 plusieurs autres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">N\u00e9anmoins, une faction de l\u2019Association des \u00e9l\u00e8ves et \u00e9tudiants du Mali (AEEM) d\u00e9fie la d\u00e9cision du gouvernement et refuse d\u2019accepter la dissolution. Dans un <a href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/afrique\/20240322-mali-une-frange-des-%C3%A9tudiants-de-l-aeem-d%C3%A9fie-les-autorit%C3%A9s-de-transition\">communiqu\u00e9<\/a> du 21 mars, elle \u00ab\u00a0condamne fermement toute tentative de museler la voix des \u00e9l\u00e8ves et \u00e9tudiants en les privant de leur libert\u00e9 d\u2019association\u00a0\u00bb et affirme sa d\u00e9termination \u00e0 d\u00e9fendre l\u2019association co\u00fbte que co\u00fbte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parall\u00e8lement, le bureau national de l\u2019AEEM envisage de contester cette dissolution en justice.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un autre groupe touch\u00e9 par la r\u00e9pression est la Synergie d\u2019Action pour le Mali. Cette coalition de partis politiques, de groupes de pression et d\u2019organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile proposant une nouvelle voie a eu du mal \u00e0 s\u2019\u00e9tablir depuis sa formation \u00e0 la mi-f\u00e9vrier, lorsqu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 r\u00e9duite au silence. Bien qu\u2019elle ait \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 la vague de dissolutions, elle a \u00e9t\u00e9 paralys\u00e9e par <a href=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/1552123\/politique\/au-mali-une-coalition-dopposants-interdite-par-la-junte\/\">l\u2019interdiction<\/a> de toutes ses activit\u00e9s dans la capitale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0En raison du contexte s\u00e9curitaire et des\u00a0risques\u00a0de menaces de trouble \u00e0 l\u2019ordre public, les activit\u00e9s du regroupement d\u00e9nomm\u00e9 Synergie d\u2019action pour le Mali sont formellement interdites sur l\u2019ensemble du territoire du district de Bamako\u00a0\u00bb, peut-on lire dans un arr\u00eat\u00e9 du 25 mars 2024 sign\u00e9 par Abdoulaye Coulibaly, gouverneur de Bamako.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Techniquement, cette coalition est toujours reconnue, mais dans la pratique, elle ne peut pas fonctionner, car Bamako est son si\u00e8ge et le centre n\u00e9vralgique des activit\u00e9s politiques dans le pays.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R\u00e9pression des voix critiques <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019ann\u00e9e 2023 a \u00e9t\u00e9 l\u2019une des plus r\u00e9pressives au Mali, marqu\u00e9e par la sanction de plusieurs m\u00e9dias et l\u2019arrestation d\u2019opposants \u00e0 la junte. Le dernier incident s\u2019est produit le 19 d\u00e9cembre 2023, lorsque les autorit\u00e9s maliennes ont <a href=\"https:\/\/www.mfwa.org\/country-highlights\/yet-another-critical-voice-silenced-in-mali\/\">appr\u00e9hend\u00e9<\/a> Chouala Bayaya Ha\u00efdara, accus\u00e9 de nuire \u00e0 la r\u00e9putation de l\u2019\u00c9tat et \u00e0 l\u2019ordre public suite \u00e0 la publication d\u2019une vid\u00e9o critique sur les d\u00e9tentions prolong\u00e9es de certaines personnalit\u00e9s publiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les autorit\u00e9s ont poursuivi leur r\u00e9pression en 2023 en ciblant massivement les groupes d\u2019opposition et les voix critiques. Le 4 janvier 2024, l\u2019imam Bandiougou Traor\u00e9 a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 \u00e0 Bamako. Connu pour ses pr\u00eaches contre la mauvaise gouvernance et les coupures d\u2019\u00e9lectricit\u00e9, il a \u00e9t\u00e9 incarc\u00e9r\u00e9 apr\u00e8s avoir d\u00e9nonc\u00e9 le d\u00e9tournement pr\u00e9sum\u00e9 de fonds destin\u00e9s \u00e0 un festival \u00e0 Kayes (ville de l\u2019ouest du Mali). Il avait \u00e9galement soulign\u00e9 la d\u00e9t\u00e9rioration des routes dans la r\u00e9gion. L\u2019imam est devenu c\u00e9l\u00e8bre sur les r\u00e9seaux sociaux pour ses pr\u00eaches contre la mauvaise gouvernance et surtout les coupures d\u2019\u00e9lectricit\u00e9. <a href=\"https:\/\/malikonews.com\/mali-limam-bandiougou-traore-recouvre-la-liberte\/\">Condamn\u00e9<\/a> le 11 mars \u00e0 18 mois de prison, dont 16 avec sursis, et \u00e0 une amende de 500 000 FCFA, il a \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 le m\u00eame jour apr\u00e8s deux mois de d\u00e9tention.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 2 mars 2024, le colonel Alpha Yaya Sangar\u00e9, officier de l\u2019arm\u00e9e, a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 pour avoir \u00e9crit un livre d\u00e9non\u00e7ant les abus de l\u2019arm\u00e9e contre les civils dans sa lutte anti-insurrectionnelle. Son ouvrage de 400, publi\u00e9 fin 2023 et intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Mali : Le d\u00e9fi du terrorisme en Afrique\u00a0\u00bb, documente les pr\u00e9sum\u00e9s abus de l\u2019arm\u00e9e lors des op\u00e9rations antiterroristes. Apr\u00e8s le lancement officiel du livre le 24 f\u00e9vrier 2024, les autorit\u00e9s ont rejet\u00e9 les accusations le 1er mars, et le lendemain, des individus en civil ont <a href=\"https:\/\/adf-magazine.com\/2024\/03\/malian-colonels-arrest-part-of-effort-to-silence-junta-critics\/\">emmen\u00e9<\/a> Sangar\u00e9 de son domicile \u00e0 Bamako vers une destination inconnue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une publication critique similaire a caus\u00e9 des ennuis \u00e0 l\u2019\u00e9conomiste Etienne Fakaba Sissoko. Le 25 mars 2024, il a \u00e9t\u00e9 <a href=\"https:\/\/www.dw.com\/fr\/etienne-fakaba-en-prison\/a-68682714\">arr\u00eat\u00e9<\/a> \u00e0 son domicile par la police en raison de son r\u00e9cent livre, dans lequel il d\u00e9nonce ce qu\u2019il appelle la propagande et les mensonges des autorit\u00e9s maliennes de transition. Le 27 mars, il a \u00e9t\u00e9 inculp\u00e9 d\u2019atteinte \u00e0 la r\u00e9putation de l\u2019\u00c9tat, d\u2019injures, de propos mensongers de nature \u00e0 troubler l\u2019ordre public, puis plac\u00e9 en d\u00e9tention provisoire. C\u2019est la deuxi\u00e8me fois en deux ans que l\u2019\u00e9conomiste et chercheur est harcel\u00e9 pour son opinion. En 2022, il a \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9 pour avoir analys\u00e9, dans plusieurs interviews accord\u00e9es aux m\u00e9dias, l\u2019impact possible sur le Mali des sanctions \u00e9conomiques impos\u00e9es par le bloc r\u00e9gional de la CEDEAO, \u00e0 la suite du coup d\u2019\u00c9tat.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 11 mars 2024, Mohamed Youssouf Bathily, plus connu sous le nom de Ras Bath, a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 \u00e0 18 mois de prison, dont neuf avec sursis. Il a \u00e9t\u00e9 <a href=\"https:\/\/www.mfwa.org\/country-highlights\/malian-authorities-must-release-journalist-arrested-over-comments-mfwa\/\">arr\u00eat\u00e9<\/a> en mars 2023, apr\u00e8s avoir fait des commentaires sur la mort de l\u2019ancien Premier ministre Soumeylou Boub\u00e8ye Ma\u00efga, accusant les autorit\u00e9s d\u2019avoir refus\u00e9 au prisonnier politique des soins m\u00e9dicaux dont il avait grandement besoin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Interdiction des activit\u00e9s des partis politiques et censure des m\u00e9dias : <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les autorit\u00e9s militaires du Mali ont interdit les activit\u00e9s des partis politiques et toute activit\u00e9 \u00e0 caract\u00e8re politique dans le pays, alors que la junte poursuit sa <a href=\"https:\/\/www.mfwa.org\/join-the-praise-singing-or-hold-your-tongue-the-new-normal-for-the-media-in-mali\/\">restriction<\/a> de l\u2019espace civique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le ministre d\u2019\u00c9tat et porte-parole du gouvernement, le colonel Abdoulaye Ma\u00efga, a annonc\u00e9 la d\u00e9cision prise par le conseil de gouvernement de suspendre toutes les activit\u00e9s des partis politiques et des associations de citoyens au Mali. Il a expliqu\u00e9 que la d\u00e9cision, intitul\u00e9e D\u00e9cret no. 0230 du 10 avril 2024, \u00e9tait une mesure visant \u00e0 garantir l\u2019ordre public et un climat de s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 \u00e0 l\u2019approche du dialogue inter-malien pour la paix et la r\u00e9conciliation nationale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un jour apr\u00e8s l\u2019interdiction des activit\u00e9s politiques, la Haute Autorit\u00e9 de la Communication (HAC) a ajout\u00e9 \u00e0 la restriction en \u00e9mettant un ordre de silence aux m\u00e9dias concernant la couverture des activit\u00e9s des partis politiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le d\u00e9cret publi\u00e9 le 11 avril 2024, la HAC a <a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/hacdumali\/posts\/pfbid02hHTFSe3A53QZ8n5VjsWpRNmD6J1fu614V49RbRJxRVTedckrTBeCdmHa41k54Tr8l\">invit\u00e9<\/a> \u00ab\u00a0tous les m\u00e9dias (radio, t\u00e9l\u00e9s, journaux \u00e9crits et en ligne) \u00e0 arr\u00eater toute diffusion et publication des activit\u00e9s des partis politiques et des activit\u00e9s \u00e0 caract\u00e8re politique des associations\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Rejet, indignation et condamnation<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La demande de l\u2019autorit\u00e9 de r\u00e9gulation des m\u00e9dias a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e par les acteurs des m\u00e9dias au Mali. Dans un communiqu\u00e9 dat\u00e9 du 11 avril 2024, la Maison de la Presse, organe fa\u00eetier des organisations de m\u00e9dias et des journalistes du Mali, a appel\u00e9 \u00ab\u00a0l\u2019ensemble de la presse malienne \u00e0 ne pas se soumettre aux injonctions de la HAC\u00a0\u00bb, exhortant ses membres \u00ab\u00a0\u00e0 rester fermes, unis et mobilis\u00e9s pour d\u00e9fendre le droit \u00e0 l\u2019information des citoyens\u00a0\u00bb. La d\u00e9claration de la Maison de la presse fait suite \u00e0 une r\u00e9union de tous ses membres \u00e0 son si\u00e8ge de Bamako.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Autre rare manifestation de d\u00e9saccord, la Commission Nationale des Droits de l\u2019Homme (CNDH) a os\u00e9 exprimer sa d\u00e9sapprobation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Au lieu d&#8217;apaiser le climat social, ces restrictions aux droits et libert\u00e9s fondamentaux constituent des facteurs potentiels de troubles et de tension dont le pays n&#8217;a pas besoin\u00a0\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Aguibou Bouare, pr\u00e9sident de la CNDH. M. Bouare a pr\u00e9cis\u00e9 que sa formation a pour mission, en vertu de l\u2019article 5 de la loi n\u00b02016-036 du 7 juillet 2016 relative \u00e0 la CNDH, \u00ab\u00a0d\u2019\u00e9mettre des avis ou de formuler des recommandations \u00e0 l\u2019attention du gouvernement ou de toute autorit\u00e9 comp\u00e9tente sur toutes les questions relatives aux droits de l\u2019homme \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L\u2019appel de la MFWA <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La Fondation pour les M\u00e9dias en Afrique de l\u2019Ouest (MFWA) trouve les d\u00e9veloppements ci-dessus au Mali tr\u00e8s inqui\u00e9tants. Nous reconnaissons que le pays est confront\u00e9 \u00e0 une situation d\u2019urgence en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9 qui n\u00e9cessite des d\u00e9cisions difficiles de la part du gouvernement. Cependant, ces d\u00e9cisions doivent \u00eatre l\u00e9gitimes et proportionn\u00e9es, ce qui n\u2019est pas le cas dans les instances susmentionn\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019accusation de subversion et d\u2019atteinte \u00e0 l\u2019ordre public port\u00e9e contre des groupes politiques et des critiques n\u2019est que l\u2019opinion du r\u00e9gime, qui n\u2019est pas \u00e9tay\u00e9e par des preuves ni confirm\u00e9e par un tribunal. Par cons\u00e9quent, cela revient \u00e0 ce que le gouvernement utilise son opinion pour criminaliser l\u2019opinion de ses d\u00e9tracteurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La r\u00e9pression risque d\u2019aggraver les hostilit\u00e9s et la m\u00e9fiance entre le gouvernement et la soci\u00e9t\u00e9 civile, le peuple malien et les acteurs politiques qui sont essentiels \u00e0 la mise en place d\u2019un gouvernement refl\u00e9tant la volont\u00e9 du peuple. Il est contradictoire qu\u2019un gouvernement qui s\u2019est engag\u00e9 dans un dialogue national pour construire la paix, l\u2019unit\u00e9, la stabilit\u00e9 politique et le d\u00e9veloppement durable, fasse la chasse aux sorci\u00e8res \u00e0 ses interlocuteurs naturels. Le gouvernement de transition ne peut r\u00e9ussir qu\u2019en s\u2019engageant avec la soci\u00e9t\u00e9 civile et les groupes politiques, en particulier ceux qui sont per\u00e7us comme ayant des opinions divergentes quant \u00e0 la voie \u00e0 suivre. L\u2019attaque actuelle contre ces groupes risque de polariser, plut\u00f4t que d\u2019unir le pays qui a d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment besoin de forger un front uni \u00e0 partir de ses diverses diversit\u00e9s pour surmonter le d\u00e9fi du conflit arm\u00e9, de l\u2019instabilit\u00e9 politique et du sous-d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 cet \u00e9gard, nous exhortons les autorit\u00e9s maliennes \u00e0 lib\u00e9rer tous les prisonniers d\u2019opinion d\u00e9tenus, \u00e0 lever l\u2019interdiction des activit\u00e9s politiques, \u00e0 revenir sur la d\u00e9cision de dissoudre les organisations politiques et civiles per\u00e7ues comme anti-gouvernementales et \u00e0 respecter la libert\u00e9 de la presse ainsi que le droit des citoyens d\u2019acc\u00e9der \u00e0 l\u2019information et d\u2019exprimer leurs opinions sur les questions d\u2019int\u00e9r\u00eat public.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La MFWA appelle \u00e9galement la junte \u00e0 lancer un vaste processus politique conduisant \u00e0 l\u2019adoption d\u2019une feuille de route cr\u00e9dible pour un retour \u00e0 l\u2019ordre constitutionnel. Nous conseillons aux autorit\u00e9s de s\u2019engager dans cette initiative avec la facilitation internationale et r\u00e9gionale, \u00e9tant donn\u00e9 les enjeux de la communaut\u00e9 internationale pour la paix, la stabilit\u00e9 et le progr\u00e8s du Mali.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n","protected":false},"author":18,"featured_media":30135,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","categories":[254],"country":[247],"class_list":["post-30215","country-highlights","type-country-highlights","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","category-free-expression-violations-fr","country-mali-fr"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mfwa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/country-highlights\/30215","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mfwa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/country-highlights"}],"about":[{"href":"https:\/\/mfwa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/country-highlights"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mfwa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/18"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mfwa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=30215"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mfwa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/30135"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mfwa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=30215"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mfwa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=30215"},{"taxonomy":"country","embeddable":true,"href":"https:\/\/mfwa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/country?post=30215"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}